Histoires

Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer que des chasseurs-éleveurs avaient immigré de l’Écosse vers l’Irlande vers 7 000 av. J.-C., et que 4 000 ans plus tard, leur société était devenue une société de type agraire. Au IVe siècle av. J.-C., des tribus celtiques venues d’Europe envahirent la région. La population fut divisée en clans (tuatha) et le pays en cinq royaumes : Connaught, Leinster, Meath, Munster et Ulster.

En l’an 432 de notre ère, le missionnaire chrétien saint Patrick arriva en Irlande ; à sa mort, une trentaine d’années plus tard, toute la population de l’île avait été convertie au christianisme. Les moines irlandais commencèrent alors à transcrire l’histoire et les traditions du pays. Les Vikings envahirent et pillèrent une grande partie du pays au début du IXe siècle. Ils fondèrent des villes en bordure des rivières et c’est ainsi que naquirent Dublin, Waterford, Cork et Limerick. Les Vikings furent chassés en 1014, et la région tomba aux mains des Anglais, qui commencèrent à étendre leur domination sur le pays. Au XIIe siècle, le christianisme irlandais passa sous le contrôle de l’Église catholique romaine.

Aux XVIe et XVIIe siècles, pendant la Réforme, les Anglais tentèrent de convertir les Irlandais au protestantisme : ils persécutèrent les prêtres et les évêques, et condamnèrent les pratiques religieuses catholiques. Au cours du XVIIe siècle, ils évincèrent de nombreux Catholiques irlandais du nord et distribuèrent leurs terres aux Protestants anglais et écossais.

Quand Jacques II, qui était catholique, fut sacré roi d’Angleterre en 1685, les Irlandais crurent pouvoir reprendre possession de leurs terres. Mais le roi fut détrôné trois ans plus tard. Il se rendit alors en Irlande, où il leva une armée dans le but de reconquérir le trône. Il dut cependant s’incliner devant le roi protestant, Guillaume III, à la bataille de Boyne, en 1690. Durant les cent années qui suivirent, l’Angleterre renforça son emprise sur l’Irlande, et toutes les richesses du pays passèrent entre les mains des Anglo-Irlandais. En 1798, les Irlandais se rebellèrent contre les Anglais, mais en vain. À l’issue du soulèvement, le parlement irlandais fut aboli, et l’Irlande fut rattachée au Royaume-Uni par l’acte d’Union de 1800. Au cours du XIXe siècle, les Irlandais tentèrent à plusieurs reprises de reprendre le contrôle de leur pays, mais sans succès.

En avril 1916, à Dublin, un groupe de révolutionnaires déclara l’indépendance de l’Irlande : c’est ce que l’on appela la « Révolte de Pâques ». Les Britanniques étouffèrent la révolte, mais celle-ci alimenta le nationalisme irlandais. Lors des élections de 1918, les républicains irlandais obtinrent une majorité de sièges au parlement anglais. Mais plutôt que d’aller à Londres, ils implantèrent leur propre parlement à Dublin. Le 21 janvier 1919, ils déclarèrent à nouveau l’indépendance de l’Irlande, ce qui conduisit à la guerre anglo-irlandaise. Le traité anglo-irlandais de décembre1921 mit fin à la guerre. Les 26 comtés du sud constituèrent le nouvel État libre d’Irlande, et les six comtés du nord, peuplés en grande partie de Protestants, demeurèrent rattachés au Royaume-Uni. Si la Chambre des députés irlandaise accepta le traité, une bonne partie de la population s’y opposa. S’ensuivit une guerre civile qui dura jusqu’en 1923. Le 18 avril 1949, l’État libre d’Irlande rompit tout lien officiel avec la Grande-Bretagne et devint une république indépendante. Les nationalistes irlandais espèrent que le XXIe siècle verra enfin la réunification des deux Irlandes.